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Formation MagnétiseurLe guide honnête du métier de magnétiseur

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Ce que la loi interdit au magnétiseur (et ce qu'elle permet)

Bureau d'accueil d'un praticien avec un code juridique fermé, un carnet et une tasse, dans une lumière douce

En France, le magnétisme n'est pas interdit. Vous pouvez exercer comme magnétiseur, sous un statut d'entreprise, et proposer des séances de bien-être. En revanche, la loi interdit à toute personne qui n'est pas médecin de diagnostiquer ou traiter des maladies, de promettre une guérison dans sa communication, de pousser quelqu'un à abandonner un traitement, et d'abuser de la faiblesse d'une personne.

Ces règles ne sont pas là pour gêner les praticiens honnêtes. Elles protègent des personnes souvent fragiles au moment où elles consultent, et elles vous protègent vous aussi : un magnétiseur qui connaît ses limites travaille sereinement.

Voici les principaux interdits, les textes qui les fondent, les peines encourues, puis ce que vous pouvez légalement faire et dire. Ce guide est une information générale, pas une consultation juridique : en cas de doute sur une situation précise, interrogez un avocat.

L'exercice illégal de la médecine

Ce que dit le texte

L'article L4161-1 du Code de la santé publique définit l'exercice illégal de la médecine. Il vise notamment toute personne qui, sans être médecin, prend part habituellement à l'établissement d'un diagnostic ou au traitement de maladies, congénitales ou acquises, réelles ou supposées, par actes personnels, consultations verbales ou écrites, ou par tous autres procédés quels qu'ils soient.

Trois mots comptent pour un magnétiseur :

  • « habituellement » : c'est la pratique répétée qui est visée, ce qui est le cas d'une activité professionnelle ;
  • « réelles ou supposées » : peu importe que la maladie existe ou non ; prétendre traiter une maladie suffit ;
  • « tous autres procédés » : l'imposition des mains, le pendule ou une prière ne sortent pas du champ du texte.

Les peines

L'article L4161-5 du même code punit l'exercice illégal de la médecine de deux ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Depuis la loi du 10 mai 2024 contre les dérives sectaires, ces peines sont portées à cinq ans et 75 000 € lorsque les faits sont commis par l'intermédiaire d'internet.

Ce que les tribunaux ont jugé

La jurisprudence est ancienne et constante. La Cour de cassation a notamment retenu l'exercice illégal de la médecine pour l'utilisation d'un pendule pour déterminer le mal, suivie d'attouchements pour soigner (chambre criminelle, 22 février 1955 et 24 mars 1958), ou pour des passes magnétiques associées à l'évocation des esprits (16 décembre 1992). Ce n'est pas le magnétisme qui est sanctionné, c'est le fait de prétendre identifier et traiter une maladie.

Diagnostiquer et prescrire : les deux lignes rouges

Le diagnostic

Vous ne pouvez pas dire ou laisser entendre à une personne de quoi elle souffre. Exemples de phrases à proscrire :

  • « Je sens un blocage au niveau du foie, vous devriez faire vérifier votre vésicule. »
  • « Ce n'est pas une sciatique, c'est énergétique. »
  • « Votre enfant n'est pas hyperactif, il est simplement très sensible. »

Ce que vous pouvez dire à la place : décrire votre ressenti comme un ressenti, sans le traduire en termes médicaux, et renvoyer toute question de santé vers un médecin.

La prescription et les conseils sur un traitement

Vous ne pouvez pas prescrire, ni conseiller de modifier, réduire, espacer ou arrêter un traitement. Même une suggestion présentée comme anodine (« vous pourriez essayer de diminuer vos anxiolytiques ») est un conseil médical. Si une personne vous parle de son traitement, la seule réponse possible est : « Parlez-en à votre médecin. »

Le massage : ce qui a changé

Le Code de la santé publique réserve aux masseurs-kinésithérapeutes la pratique du massage, défini comme toute manœuvre externe sur les tissus, « dans un but thérapeutique ou non ». Pendant longtemps, toute personne pratiquant des massages sans être kinésithérapeute s'exposait à des poursuites.

La Cour de cassation a précisé ce monopole dans deux arrêts du 29 juin 2021 : seul le massage à visée thérapeutique relève de la compétence exclusive des kinésithérapeutes. Un « massage bien-être » sans finalité thérapeutique n'est donc pas, en soi, un exercice illégal de la masso-kinésithérapie. La notion de « bien-être » reste toutefois mal définie et des contentieux se poursuivent.

Pour un magnétiseur, la conclusion pratique est simple :

  • l'imposition des mains et les passes à distance du corps ne posent pas de difficulté de ce point de vue ;
  • si vous touchez, restez sur un contact léger, toujours avec l'accord explicite de la personne, et ne le présentez jamais comme un soin d'une douleur ou d'une pathologie ;
  • n'utilisez pas les mots « massage thérapeutique », « drainage », « rééducation » ou « kinésithérapie ».

Les mineurs

Aucun texte ne vise spécifiquement le magnétisme sur un mineur, mais plusieurs règles s'appliquent :

  • l'autorité parentale appartient aux parents, qui décident pour leur enfant, notamment en matière de santé et de sécurité : recevez un mineur avec l'accord de ses parents et, de préférence, en présence de l'un d'eux ;
  • un enfant malade doit être suivi par un médecin : ne vous substituez jamais à ce suivi et ne confortez jamais des parents qui envisageraient de s'en passer ;
  • l'abus de faiblesse (voir plus bas) vise expressément les mineurs.

Publicité et allégations : le Code de la consommation

Les pratiques commerciales trompeuses

Votre site, vos réseaux sociaux, vos flyers et ce que vous dites en séance sont soumis au Code de la consommation. Une pratique commerciale trompeuse consiste notamment à présenter des allégations fausses ou de nature à induire en erreur sur les résultats attendus d'un service. Annoncer que le magnétisme « guérit », « soigne », « élimine » une maladie ou un symptôme, sans pouvoir le prouver, en est un exemple typique.

L'article L132-2 du Code de la consommation punit ce délit de deux ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende (l'amende pouvant être portée à un pourcentage du chiffre d'affaires ou des dépenses de publicité). Depuis la loi du 10 mai 2024, les peines sont alourdies, jusqu'à cinq ans et 750 000 €, lorsque la pratique est commise en ligne.

Ce que contrôle la DGCCRF

La DGCCRF (répression des fraudes) contrôle régulièrement les pratiques non conventionnelles. Lors d'une campagne menée d'octobre 2020 à septembre 2021 sur plus de cinquante disciplines (naturopathie, réflexologie, reiki…), elle a contrôlé 381 établissements, professionnels et centres de formation : 66 % présentaient des anomalies. Elle a relevé des pratiques commerciales trompeuses, des défauts d'information précontractuelle, des allégations non fondées et des tentatives de créer une confusion avec le secteur médical. Des signalements pour exercice illégal de la médecine et usurpation de titre ont été transmis aux autorités.

Les titres

N'utilisez pas de titre protégé (« médecin », « docteur » dans un contexte de santé, « kinésithérapeute », « psychothérapeute ») et évitez les formules qui entretiennent la confusion avec une profession de santé : « thérapeute énergétique diplômé », « soins », « patients », « consultation médicale ». L'usurpation d'un titre réglementé est un délit.

L'abus de faiblesse

L'article 223-15-2 du Code pénal punit de trois ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse d'un mineur ou d'une personne particulièrement vulnérable (âge, maladie, infirmité, déficience, grossesse), pour la conduire à un acte ou une abstention qui lui sont gravement préjudiciables.

Dans votre pratique, cela concerne par exemple :

  • vendre des séries de séances ou des objets coûteux à une personne âgée isolée ou très malade ;
  • multiplier les rendez-vous en entretenant l'idée qu'elle ne peut pas s'en passer ;
  • accepter des cadeaux ou des sommes disproportionnées.

Les dérives sectaires

La Miviludes définit la dérive sectaire comme la mise en œuvre, par un groupe ou une personne isolée, de pressions ou de techniques visant à créer, maintenir ou exploiter chez quelqu'un un état de sujétion psychologique ou physique. Un praticien seul peut donc être concerné. Parmi ses critères : la déstabilisation mentale, les exigences financières exorbitantes, la rupture avec l'entourage, le dénigrement des institutions et l'offre de soins douteux.

La loi du 10 mai 2024 a créé deux délits qui concernent directement les pratiques de bien-être :

  • le placement ou maintien dans un état de sujétion psychologique ou physique (article 223-15-3 du Code pénal), puni de trois ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende ;
  • la provocation à abandonner ou à s'abstenir de suivre un traitement médical (article 223-1-2 du Code pénal), lorsque cet abandon est présenté comme bénéfique alors qu'il est manifestement susceptible d'entraîner des conséquences particulièrement graves pour la santé. Elle est punie d'un an d'emprisonnement et 30 000 € d'amende, et de trois ans et 45 000 € lorsque la provocation a été suivie d'effet. Le même article vise la provocation à adopter des pratiques présentées comme thérapeutiques qui exposent à un risque immédiat de mort ou de blessures graves.

Orienter vers un médecin : un devoir

Aucun texte n'impose au magnétiseur une « obligation d'orientation » au sens strict. Mais trois règles y conduisent :

  • vous ne pouvez ni diagnostiquer ni traiter (exercice illégal de la médecine) ;
  • vous ne pouvez pas détourner quelqu'un d'un traitement (provocation à l'abandon de soins) ;
  • face à une personne en danger, s'abstenir de porter assistance ou d'appeler les secours est un délit : l'article 223-6 du Code pénal le punit de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.

En pratique, orientez vers un médecin à chaque fois qu'une personne décrit un symptôme qui n'a pas été vu par un professionnel de santé, un symptôme nouveau, qui s'aggrave ou qui inquiète. En cas de signe d'urgence (douleur thoracique, difficulté à respirer, malaise, idées suicidaires, brûlure grave), interrompez la séance et appelez le 15 ou le 112.

Ce que le magnétiseur peut légalement faire et dire

La liste des interdits est longue, mais l'espace qui reste est réel. Vous pouvez :

  • proposer des séances de bien-être, de détente ou d'accompagnement, en complément d'un suivi médical ;
  • décrire votre pratique honnêtement : imposition des mains, passes, temps d'écoute, déroulé de la séance ;
  • rapporter ce que vous ressentez en séance, en le présentant comme votre ressenti personnel ;
  • dire ce que les personnes vous disent en termes généraux (« beaucoup de personnes me disent se sentir détendues après une séance »), sans transformer un témoignage en promesse de résultat ;
  • afficher clairement vos limites : « Le magnétisme ne remplace pas un avis médical. Je ne pose aucun diagnostic et ne modifie aucun traitement. »

Quelques formulations à adopter dans votre communication :

À éviter À préférer
« Je soigne l'eczéma, l'arthrose, la migraine. » « Séances de magnétisme pour un moment de détente, en complément de votre suivi médical. »
« Résultats garantis dès la première séance. » « Chaque personne vit la séance différemment. »
« Mes patients » « Les personnes que je reçois »
« Soin énergétique thérapeutique » « Séance de magnétisme »

Pour aller plus loin sur l'aspect pratique, la page du Monde d'Isis consacrée au magnétisme et à sa pratique présente le geste lui-même. Pour l'installation, lisez notre article sur le statut juridique du magnétiseur ; pour bien choisir où apprendre ces règles, voyez comment choisir une formation de magnétiseur. Et si vous pratiquez le « secret » des brûlures, notre article sur le coupeur de feu détaille les gestes d'urgence à faire passer avant tout.

Questions fréquentes

Le métier de magnétiseur est-il légal en France ?

Oui. Le magnétisme n'est ni interdit ni réglementé : vous pouvez l'exercer sous un statut d'entreprise. Ce qui est interdit, c'est de diagnostiquer ou traiter des maladies, de promettre une guérison, de pousser à abandonner un traitement ou d'abuser de la faiblesse d'une personne.

Quelle peine risque un magnétiseur pour exercice illégal de la médecine ?

L'article L4161-5 du Code de la santé publique prévoit deux ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende, portés à cinq ans et 75 000 € si les faits sont commis via internet depuis la loi du 10 mai 2024.

Un magnétiseur peut-il toucher la personne qu'il reçoit ?

Un contact léger, avec l'accord explicite de la personne, n'est pas interdit. Le massage à visée thérapeutique reste réservé aux masseurs-kinésithérapeutes, et la Cour de cassation a jugé en 2021 que seul ce massage thérapeutique relève de leur monopole. Ne présentez jamais un contact comme un soin.

Peut-on magnétiser un enfant ?

Aucun texte ne l'interdit spécifiquement, mais l'accord des parents est indispensable et leur présence fortement recommandée. Un enfant malade doit être suivi par un médecin, et le magnétisme ne doit jamais retarder ce suivi.

Que dire à une personne qui veut arrêter son traitement ?

Qu'elle doit en parler à son médecin, et à personne d'autre. Encourager ou approuver l'arrêt d'un traitement peut constituer le délit de provocation à l'abandon de soins créé en 2024, puni plus lourdement si la personne arrête effectivement.

Peut-on publier des témoignages de clients sur son site ?

Oui, avec leur accord, à condition qu'ils ne contiennent ni promesse ni allégation de guérison. Un témoignage affirmant « il m'a guéri de mon asthme » fait de votre site une publicité trompeuse, même si vous ne l'avez pas écrit vous-même.

Le magnétisme est une pratique de bien-être : il ne remplace ni un diagnostic ni un traitement médical. En cas de symptôme, consultez un médecin ; ne modifiez jamais un traitement sans son avis.

Sources

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